Le rejet d'un frère
Cynthia - Partage existentiel
3/15/2026
D'où vient ce sentiment de honte et d'imperfection que je traîne depuis longtemps ?
Ce sentiment d'être inférieure, faible, rejetée, indigne d'être aimée ?
Cette impression que je ne vaux rien et que je ne sers à rien ?
Et puis cette profonde mélancolie qui reste là ?
Mon grand frère ma déprécié durant toute mon enfance. Il a toujours affirmé que j'étais nulle, que je ne valais rien, soit par automatisme, soit à la suite de mes actions ou de mes paroles.
Il y avait sans cesse des remarques cinglantes, des piques, des critiques. La moindre occasion était bonne pour me dénigrer et m'humilier devant tout le monde.
Mon frère me détestait. Il ne supportait pas ma simple présence, mon existence. Je suppose qu'il ne voulait pas que je naisse parce qu'il perdait sa place de "favori". Il ne l'a jamais supporté.
Alors, dès qu'il me voyait, il me rabaissait.
Il me donnait l'impression que je ne servais à rien, que j'étais inférieure, que j'étais faible, que je n'étais pas nécessaire, que ma présence n'était pas utile, que j'aurais mieux fait de ne pas être là.
Et aucun autre membre de la famille n'y réagissait.
J'ai eu ce sentiment de ne pas être aimée par un proche. Nos jeux ressemblaient à des bagarres de haine. Mais j'étais contente : enfin il s'intéressait à moi, il s'occupait de moi. Durant ce court instant, j'existais.
N'étant qu'une enfant et habituée à ce fonctionnement familial, cela me semblait "normal".
Je m'attendais à tout instant à la critique, cela faisait partie de mon quotidien. J'y étais finalement désensibilisée. Je ne connaissais pas l'amour de ce frère, seulement son rejet.
La spontanéité, la joie de l'enfance, la confiance, m'ont quittées, laissant place à la tristesse, la froideur, au vide existentiel et à une forte baisse d'estime de soi.
Avec l'âge, il me détestait sans doute moins, mais nous sommes toujours restés à distance. Chacun vivait sa vie.
Si vous avez vécu la même chose, vous en ressentez sans doute encore les effets aujourd'hui.
Vous êtes sans doute attiré par des personnes qui vous critiquent ou qui ne s'intéressent pas à vous. Parce que vous espérez gagner leur amour. Ou vous êtes attiré par des personnes que vous jugez inférieures, que vous allez vous aussi négliger. Pour être sûr de ne pas être rejeté.
Vous aurez aussi tendance à vous comparer aux autres, à vous croire inférieur, à être sensible à la critique, toujours sur la défensive.
Le moindre reproche réveille ce sentiment de honte.
Il vous est difficile de croire qu'une personne peut vous apprécier pleinement pour ce que vous êtes.
Si on vous avait aimé et estimé, vous ne vous sentiriez pas aussi "imparfait".
Alors il sera nécessaire de travailler sur ce schéma d'imperfection et de honte, le reconnaître, s'attarder davantage sur vos nombreuses qualités, surveiller vos comportements négatifs et tenter de les corriger.
Être ignoré nous est plus familier. Alors il faudra nous habituer à nous laisser aimer : accepter qu'on s'occupe de nous, qu'on nous admire, qu'on nous complimente, qu'on nous aide.
Et cesser de repousser ceux qui peuvent vraiment nous aimer.