galaxy wallpaper

Au Cœur du Néant (Partie 2)

L'éternité de l'être

Cynthia - Partage existentiel

12/7/2025

"Le néant n’est pas le simple contraire de l’être, mais son fondement même." Martin Heidegger


I - Introduction - La leçon du néant pour expliquer l'existence

Pour comprendre le sens de l'existence, il faut logiquement partir de la base. C'est-à-dire la non-existence, le néant.


Parce que tenter d'expliquer la vie par une autre vie, une substance, une force ou de l'énergie... restera vain : on ne pourra jamais comprendre cette force première source de vie.


On ne pourra pas expliquer l'existence si on ne se fonde pas sur ses bases métaphysiques. Il n'y a qu'en étudiant le néant qu'on pourra en déduire la raison d'une forme d'existence.


Aussi, le problème ne se résout pas par la science physique, mais par ses racines : la science métaphysique.


La question de l'existence ne sera plus une énigme à partir du moment où se penchera sur les certitudes de ses fondements et de ses causes.


Celles-ci se trouvent par la logique, la réflexion, la pensée. Pour comprendre les effets concrets, tangibles et visibles de la matière, on doit en chercher les causes premières abstraites, métaphysiques et invisibles.


Car chercher les causes de la matière dans la matière ne résoudra rien. La science n'a jamais réussi à définir ce qu'était la matière. Et elle n'y parviendra jamais si elle continue sur ce chemin. On doit partir du rien pour comprendre le tout.



II - Le néant intemporel : une réflexion hors du temps


Nous avons vu que le néant n'était pas envisageable dans un temps, qu'il soit passé, présent ou futur, puisque la notion de néant suppose absence de tout, y compris de temps.


Il y a forcément une raison à l'existence. Et cette raison se trouve en étudiant le néant.


Mais comprenons bien qu'il ne s'agit pas d'un néant passé. Il ne faut pas voir le néant comme un point d'origine lointain. Comment pourrait-il y avoir eu néant, et puis tout d'un coup l'apparition de l'existence, à partir... de rien ?


L'univers ne peut pas naître d'un néant initial. L'univers naît aujourd'hui, maintenant, parce que le néant ne peut pas être effectif. L'univers est à la place du néant, et cela a toujours été le cas. Il y a toujours eu l'être, il y aura toujours l'être. Rien d'autre.


Il y a toujours eu quelque chose pour expliquer l'existence. Il y a une raison qui fait que l'être est toujours - y compris maintenant - à la place du néant.


Cette raison ne vient pas d'ailleurs, d'un autre temps, du passé. Cette raison est présente. La cause de l'existence a lieu dans le présent, et non dans le passé. On parle donc d'une énergie actuelle, instantanée et éternelle, source de tout ce qui existe maintenant.


L'être n'arrive pas par hasard, à chaque instant. Il a une raison d'exister, et son origine ne peut pas se situer dans le temps, mais uniquement dans l'instant présent.


Il en est de même pour le futur. Imaginons un univers qui disparaîtrait un jour prochain dans le néant.


D'une part, cela n'expliquerait en rien l'origine de la vie.


D'autre part, nous l'avons vu, le néant ne peut être effectif. Ni hier, ni aujourd'hui, ni jamais.


Ce n'est pas une question de temps. Le temps est un ressenti humain, pas une réalité en soi.



III - L'être ne peut disparaître

Le néant ne pourra jamais prendre, "un jour", la place de l'être. L’univers ne pourra jamais "retomber" dans le néant parce que le néant ne pourra jamais être une réalité. Cela reste un concept, un potentiel.


L'être ne peut pas et ne pourra jamais ne pas exister. L'univers et l'existence ont toujours été là sous une forme ou une autre.


Cela nous amène à la déduction logique qu'il n'y a pas non plus de néant après la mort ; en effet, il y a toujours existence de "quelque chose". De même avant la naissance. L'être est toujours présent, quelle que soit sa forme. La vie, la mort sont des cycles de l'existence de l'être dans lesquels il ne peut être question de néant.


Aussi, notre être ne meurt jamais. Il ne le peut pas. Il prend une autre forme à la mort, c'est tout. La vie est là, tout le temps.


On associe souvent le néant à la mort, parce que celle-ci reste une inconnue et qu'on en a peur. Mais pour autant, la fin de vie d'un corps n'a rien à voir avec le néant. Pas plus que le rêve, le coma, la perte de connaissance ou les états modifiés de conscience ne sont des expériences du néant.


Il y a toujours "conscience", il y a toujours "être", y compris après la mort. La phrase "être mort" démontre en elle-même le paradoxe : dans "être" ou "être mort", le mot "être" est toujours présent. On ne s'en déferra pas. L'être se transforme mais ne disparaît jamais.


"La mort n'est jamais une fin ; c'est toujours un commencement. Une mort est une porte qui s'ouvre et non une porte qui se ferme." Neale Donald Walsch


L'existence est éternelle. Ce n'est pas la mort qui l'arrête. Elle est inarrêtable.


Enfin, rappelons une fois de plus que le passé et le futur n'existent pas, que seul le présent est. Mais même le présent est inaccessible car inarrêtable. L'instant présent n'a aucune durée, il change tout le temps.


Qu'est-ce que cela signifie ?


Tout simplement que si aucun instant ne dure, alors rien ne dure. Et donc que rien n'existe vraiment. Il ne reste que la sensation d'exister.


En fait, et c'est tout le paradoxe, cela revient à dire qu'en réalité, au niveau métaphysique, tout est néant. Que l'existence est une impression, une apparence, un mirage. Mais un mirage tenace.


Cependant, ne nous inquiétons pas, nous aurons toujours l'impression d'être "quelque chose" ou "quelqu'un" dans un univers.


Le paradoxe de l'existence, c'est que être et néant sont liés. Car c'est l'infinité impossible du néant qui fait l'être. L'être et le néant, c'est la même chose, au fond.


Étant donné que le néant n'a pas la possibilité d'être quelque chose d'objectif, alors c'est l'être qui apparaît. S'il y a manifestation de l'être, c'est parce que le néant ne peut pas se concrétiser.


Mais comment l’être peut-il émerger du néant ?


Il n'émerge pas du néant, il émerge à la place du néant. L'être remplace un néant qui ne peut se montrer. Le néant est toujours présent comme une potentialité. Sans durée, bien sûr. Il s'agit d'une potentialité éternelle. Mais c'est l'être qui se manifeste à sa place, en apparence.


Mais alors, pourquoi cette apparence d'univers qui persiste et signe ?



IV - Le néant et ses deux principes fondamentaux


Le néant n'étant pas quelque chose de palpable ni de mesurable, que nous reste-t-il pour l'étudier ? Quels principes ou concepts peut-on encore tirer d'un vide absolu totalement abstrait ?


Frank Hatem, métaphysicien de notre époque, ayant longuement médité sur la question, en a ressorti deux principes premiers fondamentaux qui sont "la nullité" et "l'infinité" du néant.


1 ) La nullité


En effet, tout d'abord, tous seront d'accord pour dire que le néant est nul. Il n'existe pas, il se réduit à rien, il est égal à zéro. Le néant étant, par définition, l'absence totale de contenu, de valeur, de réalité, il est donc "nul" par essence.


2 ) L'infinité


Dans un second temps, nous pouvons tous affirmer que le néant est infini. Car si le néant était "fini", cela voudrait dire qu'il a des frontières, qu'on lui prête des limites, comme pour un objet. Tout ce qui se limite est forcément "quelque chose".


Aussi, le néant ne peut être qu'infini : il n'y a aucune frontière à l'inexistant. C'est une absence sans fin.


2 principes contradictoires


Nullité et infinité du néant sont donc deux notions totalement opposées : l'une rejette tout (la nullité), l'autre prend tout (l'infinité). D'un côté, le pôle zéro du néant rejette tout (c'est la répulsion) et d'un autre côté, l'infini du néant englobe tout (c'est l'attraction).


Deux principes en tension dont Frank Hatem a pu en déduire la contradiction fondamentale, cause de tous les paradoxes de l'existence : la dualité (mâle et femelle, bien et mal, amour et séparation, naissance et mort, lumière et obscurité...)


C'est le yin et le yang, ou encore l'énergie attraction répulsion qui explique la rotation des planètes, le mouvement des corps, etc. Deux pôles contradictoires comme structure fondamentale de l'existence.


Le néant n'est donc pas seulement une nullité, c'est aussi une potentialité infinie.


Ce sont ces deux contradictions, ces deux pôles opposés, qui empêchent le néant d'être effectif.


Car celui-ci ne peut pas être à la fois Tout (infini) et à la fois rien (zéro). C'est impossible. Il y a là un problème. S'il pouvait être ces deux notions à la fois, le néant serait une réalité et l'existence ne serait pas.


Dans l'idée, le néant est infini, il embrasse l'infinité. On peut dire que son but est d'être infini. Il vise à jamais une potentialité infinie, comme une attraction vers cet infini.


Et pourtant, cette attraction est arrêtée par le deuxième principe contradictoire du néant qui veut que son point zéro - sa nullité - empêche son infinité, comme une répulsion de cet infini.



V - Le néant et l'être : une relation paradoxale


C'est très abstrait, mais tentons de comprendre ce qu'explique Frank Hatem dans sa théorie.


Le zéro rejette tout, puisqu'il est absence totale. Il rejette tout, y compris l'infini parce que l'infini est infini "de quelque chose". La nullité ne peut pas contenir l'infinité. Le zéro "place" donc toujours l'infini à l'extérieur de lui.


Nous sommes nous-même ce point zéro qui rejette son infinité autour de lui. Partout où l'on se trouve, on a l'impression d'être "au centre" de quelque chose. Et l'impression que l'infini est partout autour de nous.


Nous rejetons naturellement cet infini en créant une distance (que nous avons appelée "espace"). Et cela à chaque instant ininterrompu (que nous avons appelé "temps").


Le néant (un) est à la fois nul et infini (dualité). Ce qui ressort de cette opposition, c'est l'être : une sensation, une conscience de séparation. C'est le zéro au centre qui s'oppose à l'infini autour. C'est le néant qui se manifeste à travers l'être. Être et néant sont inséparables.


Selon Frank Hatem, la nullité est possible (c'est un principe), mais pas l'infinité (c'est une nécessité). Ce point nul au centre de l'infini se défend de cet infini en le rejetant "à l'extérieur", donc en adoptant des limitations : ce sont toutes les formes de l'univers.


Il n'y a pas cinquante mille choses qui suppléent le néant. Il n'y en a qu'une : l'être. Un seul être. Autrement dit, l'esprit. La sensation d'être. On peut l'appeler comme on veut : conscience universelle, Soi...


Ce Soi unique se manifeste, "prend corps" de toutes les façons possibles (planètes, atomes, animaux, minéraux...). Ceci en fonction du degré d'éloignement ou de rapprochement entre zéro et l'infini. Chacune des créations de l'être est plus ou moins proche du zéro (séparation) ou de l'infini (unité).


L'être s'identifie ainsi à un ego (un "conscient") avec certaines caractéristiques en fonction de son degré d'éloignement avec l'infini, et selon la "quantité" de Tout (de mémoires) qu'il s'est approprié.


Ces diverses manifestations prenant forme, c'est ce qu'on appelle "matière". Mais toute matière reste fondamentalement une "sensation" de matière. Impression de solidité stable et persistante. Mais totalement illusoire et impermanente. Un leurre.


En réalité, ce n'est que de la conscience.


L'être, ou la conscience, n'est pas un état mais une perception, une impression, un processus. Tout cela, c'est de l'esprit.


La conscience est cette sensation d'espace, de temps et de limitations (corps, matière...) que nous ressentons au quotidien.


Tout ce qui compose l'univers est une sensation d'univers. Et ce sera toujours ainsi car ce processus est infini.


Si rien n'existe en soi, cela veut dire que tout ce que nous vivons est illusion. C'est la conscience. Une illusion tenace. Certaine. Et éternelle.


Éternelle car le néant sera toujours "un potentiel". Comme quelque chose qui, rappelons-le, devrait être (c'est le néant qui est logique, pas l'être).


Frank Hatem parle de "la nécessité du néant" : cette opposition zéro-infini éternelle et indispensable du néant, qui sous-tend toute création de l'univers.



VI - Vers le néant : une quête intérieure


Certaines personnes sont à la recherche de ce vide absolu dans leur expérience terrestre. Elles souhaitent, par la méditation ou des états modifiés de conscience, ressentir ce vide, cette absence, dans le but de se détacher du monde matériel.


Le néant n'est bien évidemment pas quelque chose que l'on peut expérimenter, observer ou ressentir. Il ne peut être qu'une idée conceptuelle. Personne ne peut être témoin de l'absence totale. C'est notre mental qui se construit une idée du néant, qui tente de le définir et de lui donner du sens.


Car c'est justement dans les périodes difficiles de la vie que nous sommes le plus amenés à nous interroger sur son sens : pourquoi l'existence, et pourquoi pas le néant ? Ces expériences sont d'ailleurs liées au vide : la perte d'un proche, la fin de vie, la solitude.


Il se produit un sentiment de vide dans notre quotidien quand par exemple nous ne trouvons plus de sens à notre travail, que nous n'avons pas d'objectif, qu'une routine monotone s'installe, que nous nous retrouvons seul, sans amis ou famille.


Cela arrive aussi lors de crises existentielles : crise de la quarantaine, burn out, licenciement, changement de vie... où ce sentiment de vide nous oblige à intérioriser, à réfléchir à notre finitude.


Nous avons tendance à remplir sans arrêt nos vies pour échapper au silence et aux questionnements existentiels. Pour certains, se retrouver seul et sans bruit est synonyme d'angoisse profonde. La peur du néant est inconsciemment présente.


Parce qu'en général, on élude la question : on n'explique jamais le néant, on ne l'étudie pas, et qu'on n'a reçu aucune éducation philosophique à ce sujet.


A l'inverse, ceux qui sont à la recherche de cette vacuité se tournent vers la méditation, l'isolement, la contemplation. Ils désirent ainsi se rapprocher de l'essentiel, de la véritable nature de l'être. Ils ressentent le besoin de "vider" leur esprit.


Mais quel que soit ce sentiment (vide, expérience du tout, plénitude, lâcher prise, transcendance, état de flow, présence, introspection, désidentification...), quels que soient les sacrifices ou renoncements, cela ne sera jamais une expérience du néant.


Peu importe l'effort fourni en pratiques philosophiques, spirituelles ou religieuses pour tenter de s'en approcher. Jamais personne n'atteindra un état de néant. Ce n'est pas une expérience qui se vit, mais un concept qui se réfléchit.


La recherche d'absolu est un leurre. Même s'il est essentiel de comprendre le néant (nécessité, but), il est inutile de chercher à vivre autre chose que l'ego et sa forme, son incarnation. Car c'est par son biais que l'esprit évoluera.




VII - Conclusion : Le néant, un outil pour comprendre l'existence


Étudier le néant stimule la pensée sur l'humain et l'existence. Cela nous oblige à nous interroger pour progresser dans notre compréhension du monde et donc évoluer psychologiquement et spirituellement. Cela nous aide à réfléchir sur nos choix et responsabilités. S'intéresser à l'invisible, s'ouvrir à l'étrange, au mystérieux, est une marque de progrès mental.


Car s'interroger sur le néant ouvre des perspectives sur la liberté absolue, vertigineuse et angoissante de notre être. Car qui dit liberté absolue dit liberté de choix, prise de responsabilité sur sa propre vie et puissance créatrice.


Cela nous déstabilise, mais nous pousse à la réflexion sur notre condition, notre mort, le sens de notre existence.


Aussi, ce questionnement du néant invite à dépasser sa peur, son angoisse existentielle et d'agir sur soi en faisant preuve de créativité. Et plus que tout, cela remet en question nos croyances acquises, apprises sur l'univers et la vie.


Il suffit de réfléchir un peu pour comprendre que non, l'existence ne provient pas du Big Bang, que le temps n'est qu'une sensation, que le passé n'existe que dans la conscience présente, que la conscience ne vient pas du cerveau, que l'univers n'existe que s'il y a un observateur, etc.


C'est à tout cela que sert d'étudier le néant. Et c'est fondamental pour mieux appréhender sa propre vie.


Toutes les difficultés que nous rencontrons sont des limitations qu'on s'impose inconsciemment par peur de cet absolu néant. Mais vivre notre vie incarnée est indispensable pour évoluer et gagner en paix. Il ne peut en être autrement.


Étudier le néant permet d'éluder cette peur du vide, de la mort, de la solitude. Et donc d'être libre et de s'épanouir dans des objectifs qui nous tiennent à cœur, car là se trouve le véritable amour et tout le sens de l'existence.


Inconsciemment, nous recherchons tous cet absolu comme une nécessité inévitable. Seulement, l'ego limité ne peut qu'évoluer pas à pas vers ce but. En connaissant la souffrance, les difficultés liées à ses limitations (sa prison).


Petit à petit cet ego saura ce qu'il est vraiment, il se re-connaîtra. D'où l'intérêt de la connaissance métaphysique.


L'être, c'est la nullité qui tend à être infinie (mais n'y parviendra jamais). Éternellement. Cette nécessité se manifeste de manière effective à chaque instant (qui est nul en durée). C'est la conscience et son impression de temps.


On avance ainsi vers un infini (un Tout) qu'on n'atteindra jamais. Avec l'illusion d'une forme qui change tout le temps. Oui, car nous ne sommes jamais vraiment tout à fait le même d'un instant à l'autre (notre peau, nos cellules, nos pensées... changent).


Il faudra à notre être (notre Soi) des vies et des vies pour intégrer un peu plus d'infinité et ainsi évoluer vers l'unité absolue, synonyme de paix et d'amour absolu. Avec le but inconscient de réunifier le zéro et l'infini. Éternellement.



"Aucune chose n'est douloureuse si tu comprends qu'elle n'est pas réelle."

Neale Donald Walsch